Casual friday
La première partie de l'expérience kirghize est sur la fin. Lundi, dernier jour de boulot à la délégation avant de partir un peu plus ou un peu plus loin à la découverte du pays. Je me dis que enfin, je pourrai répondre par l'affirmative à la sempiternelle et première question des chauffeurs de taxi et d'ailleurs de tout Kirghize: Es-tu déjà allé à Issyk-Kul?
Solenne arrive demain à Almaty. Après avoir d'abord pensé passer la nuit au Kazakhstan, on a finalement décidé de revenir directement à Bichkek après son arrivée. Journée de voiture en perspective donc. Avec les 45 degrés qu'il fait à Bichkek depuis 3-4 jours, j'ai craqué et opté pour la solution luxe du taxi climatisé jusqu'à la capitale kazakhe. Je ne sais pas encore exactement où nous irons avec Solenne. Sans doute Issyk-Kul, Sng-Kul et peut-être Osh si le temps et le climat le permettent. Le fil conducteur de ces vacances s'annonce comme une fuite de la chaleur. Et dire qu'on m'avait dit qu'il faisait bon au Kirghizstan en été.
La journée d'hier était consacrée à la visite de Mr Human Rights de la Commission. Il venait pour expliquer aux Kirghizes le principe du dialogue européen sur les droits de l'homme. Les Kirghizes ont donné leur accord; après avoir indiqué qu'ils comprenaient quand même moyen l'intérêt d'avoir encore de nouvelles réunions sur cette question alors que les autres acteurs internationaux en développent déjà un bon paquet. Mais bon, le Kirghize est conciliant. Il a dit oui sans doute un peu plus par politesse que par conviction. Ca suffit à Bruxelles pour conclure à un succès de cette visite. Plusieurs réunions étaient aussi prévues avec des ONG et l'Ombudsman kirghize. J'aime bien cet Ombudsman, super friendly, lui aussi dit oui à tout, même si au fond, l'institution vivote et se débrouille plus par des contacts persos que par une action efficace et systématique. On avait rendez-vous à 15h30. On a malgré tout attendu 10mn devant la porte qui, une fois ouverte, nous laisse voir son bureau au milieu duquel trône une télé qui diffusait la fin du flic de Beverly Hills. Sans doute qu'il a dû être déçu, le Tursunbek, de ne pas avoir eu le temps de regarder jusqu'à la fin ce chef-d'œuvre du 7eme art. Il nous dira qu'il aime pas les papiers et qu'il a tout dans la tête. C'est vrai; c'est pas comme si s'occuper des violations de droits de l'homme pour un pays de 5 millions d'habitants nécessitait une logistique efficace. Son speech était parfait: good governance, transparency et efficiency se retrouvaient à chacune de ses phrases. Un peu plus tard, à une réception organisée chez le Chargé d'Affaires, j'apprendrai que son fils travaille avec lui, sans réelle affectation autre que bodyguard (le mec est mis comme une crevette kirghize et a à tout casser 17 ans).
Après une journée de discours ultra-calibrés, franchement envie de parler et d'entendre parler normalement. Je rencontre et dîne avec Pierre et Michel, deux Français qui reviennent de leur ascension (avortée) du Pic Lénine. J'ai droit aux détails de l'expédition, la taille des crevasses et les séracs qui s'écrasent à côté du camp de base. Tout cela me marque moins que le nom de cette montagne, voisine du Pic Victoire et du Pic Communisme. Pierre a un T-shirt "Peak Lenin". Je trouve ça marrant que Vladimir se retrouve là, sur un T-shirt vendue par une boîte de tourisme kirghize spécialisée dans l'alpinisme pour Occidentaux. Le chauffeur de taxi du retour en nous entendant parler Français se rappelle son séjour à Rouen en 2003. Clandestin, il a travaillé 3 mois dans une fête foraine avant de se faire expulser. Il me dit que c'était juste parce qu'il avait perdu son passeport. Pas de bol quand même. Il me dit qu'il faut vraiment être stupide pour revenir à Bishkek après avoir connu la France. Je tente un "ton pays, il est joli quand même".
C'est ce qu'on dit, qu'il me dit.
Solenne arrive demain à Almaty. Après avoir d'abord pensé passer la nuit au Kazakhstan, on a finalement décidé de revenir directement à Bichkek après son arrivée. Journée de voiture en perspective donc. Avec les 45 degrés qu'il fait à Bichkek depuis 3-4 jours, j'ai craqué et opté pour la solution luxe du taxi climatisé jusqu'à la capitale kazakhe. Je ne sais pas encore exactement où nous irons avec Solenne. Sans doute Issyk-Kul, Sng-Kul et peut-être Osh si le temps et le climat le permettent. Le fil conducteur de ces vacances s'annonce comme une fuite de la chaleur. Et dire qu'on m'avait dit qu'il faisait bon au Kirghizstan en été.
La journée d'hier était consacrée à la visite de Mr Human Rights de la Commission. Il venait pour expliquer aux Kirghizes le principe du dialogue européen sur les droits de l'homme. Les Kirghizes ont donné leur accord; après avoir indiqué qu'ils comprenaient quand même moyen l'intérêt d'avoir encore de nouvelles réunions sur cette question alors que les autres acteurs internationaux en développent déjà un bon paquet. Mais bon, le Kirghize est conciliant. Il a dit oui sans doute un peu plus par politesse que par conviction. Ca suffit à Bruxelles pour conclure à un succès de cette visite. Plusieurs réunions étaient aussi prévues avec des ONG et l'Ombudsman kirghize. J'aime bien cet Ombudsman, super friendly, lui aussi dit oui à tout, même si au fond, l'institution vivote et se débrouille plus par des contacts persos que par une action efficace et systématique. On avait rendez-vous à 15h30. On a malgré tout attendu 10mn devant la porte qui, une fois ouverte, nous laisse voir son bureau au milieu duquel trône une télé qui diffusait la fin du flic de Beverly Hills. Sans doute qu'il a dû être déçu, le Tursunbek, de ne pas avoir eu le temps de regarder jusqu'à la fin ce chef-d'œuvre du 7eme art. Il nous dira qu'il aime pas les papiers et qu'il a tout dans la tête. C'est vrai; c'est pas comme si s'occuper des violations de droits de l'homme pour un pays de 5 millions d'habitants nécessitait une logistique efficace. Son speech était parfait: good governance, transparency et efficiency se retrouvaient à chacune de ses phrases. Un peu plus tard, à une réception organisée chez le Chargé d'Affaires, j'apprendrai que son fils travaille avec lui, sans réelle affectation autre que bodyguard (le mec est mis comme une crevette kirghize et a à tout casser 17 ans).
Après une journée de discours ultra-calibrés, franchement envie de parler et d'entendre parler normalement. Je rencontre et dîne avec Pierre et Michel, deux Français qui reviennent de leur ascension (avortée) du Pic Lénine. J'ai droit aux détails de l'expédition, la taille des crevasses et les séracs qui s'écrasent à côté du camp de base. Tout cela me marque moins que le nom de cette montagne, voisine du Pic Victoire et du Pic Communisme. Pierre a un T-shirt "Peak Lenin". Je trouve ça marrant que Vladimir se retrouve là, sur un T-shirt vendue par une boîte de tourisme kirghize spécialisée dans l'alpinisme pour Occidentaux. Le chauffeur de taxi du retour en nous entendant parler Français se rappelle son séjour à Rouen en 2003. Clandestin, il a travaillé 3 mois dans une fête foraine avant de se faire expulser. Il me dit que c'était juste parce qu'il avait perdu son passeport. Pas de bol quand même. Il me dit qu'il faut vraiment être stupide pour revenir à Bishkek après avoir connu la France. Je tente un "ton pays, il est joli quand même".
C'est ce qu'on dit, qu'il me dit.

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