Sport national
Alors bien sur, il y a la lutte. Bien sur. Mais la lutte, c’est un peu pour l’élite. Tout le monde ne peut pas se réclamer champion –même local- de lutte. Les lutteurs, ils vont aux JO, passent à la télé locale parce qu’ils ont mis la pâtée au voisin kazakh ou écrasé l’Ouzbek.
Non, non. Je pense pouvoir légitimement affirmer que le sport national c’est l’attente automobile. Et là, je pense que tous ceux qui lisent ces lignes et qui se sont déjà retrouvés dans la région (si si, il y en a) ne pourront pas me contredire. Pour les autres, voici les règles du jeu. Vous allez voir ; comme ça, ça n’a pas l’air super excitant mais une fois qu’on est lancé, on ne peut apparemment plus s’arrêter. Enfin, c’est ce que me laisse penser ce champion qui tente chaque jour de battre son propre record en bas de chez moi.
Pour pouvoir faire une bonne performance, il ne faut bien sûr pas négliger l’équipement. Et tout bon attentiste automobile vous le dira, il ne faut pas considérer la voiture à la légère. La voiture ici, c’est un peu la raquette du tennisman, ou le ballon du footballeur. Ce qui ne veut pas dire que toutes les voitures ne peuvent pas convenir : on peut attendre tout aussi bien et efficacement dans une Lada hors d’âge que dans un Land Rover flambant neuf. Mais alors, la catégorie change.
La deuxième étape consiste en un bon repérage des lieux. L’objectif est de se trouver un coin de rue, une impasse, une cour intérieure d’immeuble, en fait, n’importe quel endroit où sa voiture pourra tenir et où on pourra être vu. On oublie donc les garages, parkings souterrains (de toutes façons…) ou tout lieu fermé, invisible depuis la rue. Une fois son coin identifié, va commencer la manœuvre d’approche.
Arriver bien vite. Forcément. Si en plus l’arrivée s’accompagne d’un crissement de pneus, ça le fera encore plus. Dès que la cible est en vue, ne pas ralentir. Ne freiner qu’au dernier moment. Et enfin, se garer. A l’ombre de préférence mais le soleil peut être une option si jamais on opte pour la version Rayban et Landrover.
Une fois en place, incliner vers l’arrière le siège conducteur. Et se vautrer. La porte de préférence ouverte et la musique qui sort de l’auto-radio trop forte et complètement pourrie. Là, on est bien. Nickel. En position pour des bonnes heures d’attente. Pour autant, ce serait trop simple si tout s’arrêtait là. Non, c’est d’ailleurs maintenant que commence la partie la plus ardue et qui consiste à dévisager tous les types qui passent devant toi -i.e. qui marchent dans la rue- l’air de dire : « toi, quand même, t’es pas gonflé de venir me déranger en plaine séance d’attente automobile ». Car n’oublions pas qu’il ne faut en aucun cas sortir de la voiture. Ca non. Et si jamais besoin de cigarette, d’eau ou des deux, il fallait choisir un emplacement suffisamment proche d’un kiosque pour pouvoir hurler au vendeur de nous l’apporter.
Je vous l’avais bien dit qu’on ne devait sous-estimer aucune étape.
Non, non. Je pense pouvoir légitimement affirmer que le sport national c’est l’attente automobile. Et là, je pense que tous ceux qui lisent ces lignes et qui se sont déjà retrouvés dans la région (si si, il y en a) ne pourront pas me contredire. Pour les autres, voici les règles du jeu. Vous allez voir ; comme ça, ça n’a pas l’air super excitant mais une fois qu’on est lancé, on ne peut apparemment plus s’arrêter. Enfin, c’est ce que me laisse penser ce champion qui tente chaque jour de battre son propre record en bas de chez moi.
Pour pouvoir faire une bonne performance, il ne faut bien sûr pas négliger l’équipement. Et tout bon attentiste automobile vous le dira, il ne faut pas considérer la voiture à la légère. La voiture ici, c’est un peu la raquette du tennisman, ou le ballon du footballeur. Ce qui ne veut pas dire que toutes les voitures ne peuvent pas convenir : on peut attendre tout aussi bien et efficacement dans une Lada hors d’âge que dans un Land Rover flambant neuf. Mais alors, la catégorie change.
La deuxième étape consiste en un bon repérage des lieux. L’objectif est de se trouver un coin de rue, une impasse, une cour intérieure d’immeuble, en fait, n’importe quel endroit où sa voiture pourra tenir et où on pourra être vu. On oublie donc les garages, parkings souterrains (de toutes façons…) ou tout lieu fermé, invisible depuis la rue. Une fois son coin identifié, va commencer la manœuvre d’approche.
Arriver bien vite. Forcément. Si en plus l’arrivée s’accompagne d’un crissement de pneus, ça le fera encore plus. Dès que la cible est en vue, ne pas ralentir. Ne freiner qu’au dernier moment. Et enfin, se garer. A l’ombre de préférence mais le soleil peut être une option si jamais on opte pour la version Rayban et Landrover.
Une fois en place, incliner vers l’arrière le siège conducteur. Et se vautrer. La porte de préférence ouverte et la musique qui sort de l’auto-radio trop forte et complètement pourrie. Là, on est bien. Nickel. En position pour des bonnes heures d’attente. Pour autant, ce serait trop simple si tout s’arrêtait là. Non, c’est d’ailleurs maintenant que commence la partie la plus ardue et qui consiste à dévisager tous les types qui passent devant toi -i.e. qui marchent dans la rue- l’air de dire : « toi, quand même, t’es pas gonflé de venir me déranger en plaine séance d’attente automobile ». Car n’oublions pas qu’il ne faut en aucun cas sortir de la voiture. Ca non. Et si jamais besoin de cigarette, d’eau ou des deux, il fallait choisir un emplacement suffisamment proche d’un kiosque pour pouvoir hurler au vendeur de nous l’apporter.
Je vous l’avais bien dit qu’on ne devait sous-estimer aucune étape.

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