07 juillet 2008

Back to Work

Cela aura donc été mon premier week end à Bichkek. Enfin, premier week end complet sans staff meeting le samedi. C’est toujours marrant ces premiers jours à errer dans une ville qu’on connaît pas. J’ai petit à petit élargi le périmètre de ce que j'avais vu jusque-là. La rue Togolok Moldo (authentique) je me disais que je commençais à pas mal connaître par exemple.
Ces deux pharmacies sur la gauche.
Carrefour avec la rue Toktogul. Coordonnerie.
Pompe à essence.
Restaurant « Egypte » qui comme tout resto dans les parages semble tout miser sur la grillade de shashlik.
Ces bureaux de change qui font aussi recharge de téléphone.
Ce magasin « Sandra », spécialisé dans la vente de sous-vêtements d’ultra mauvais goût.
Le palais des sports qui n’a pas bougé depuis l’époque soviétique mais qui ne semble plus trop accueillir d’événements sportifs.

Je me disais, donc, qu’il serait bon d’aller un peu voir ailleurs. Taru m’avait donné rendez-vous samedi matin pour un petit tour dans les montagnes. Plusieurs arrêts. Après une petite demi-heure de route au Sud de Bishkek, un cimetière accroché à la colline. Des grilles entourent les tombes. Légèrement en amont, un troupeau de vaches est gardé par deux bergers à cheval. Je tente quelques photos qui décidément ne rendent pas grand chose. Nous remontons dans la voiture pour se rendre au mausolée situé dans le village de Chong-Tash et dédié à la mémoire des 140 Kirghizes qui une journée de 1937 ont été fusillés par les soviétiques pour anti-conformisme. Le père de Chingiz Aitmatov était de ceux-là. Aujourd’hui, près d’un mois après sa mort, Chingiz Aitmatov lui-même repose à cet endroit ; petit point de verdure sur le flanc d’une colline roussie par le soleil. L’endroit est solennel sans être trop imposant. Assez touchant de se dire que sans doute l’un des personnages les plus fédérateurs du pays se trouve ici, loin des fastes passés du régime soviétique. La tombe qui n’est qu’un monticule de terre est recouverte de couronnes de fleurs. Je ne peux m’empêcher de me dire qu’il y a quelque chose d’éminemment charnel et intime qui relient les Kirghizes à leur terre. Je pense à notre Panthéon ouvert du lundi au dimanche de 9h à 18h pour lequel la FNAC met à disposition des billets en vente en ligne. Je me dis qu’ici, on y vient sans doute aussi pour pic-niquer, partager, les fesses sur l’herbe brûlée, un moment de l’histoire du pays avec ceux qui l’ont faite. Après une dernière halte le long d’une rivière que nous longeons à pied pendant une petite heure, on se décide à revenir sur Bichkek. Ces quelques heures, malgré un bon coup de soleil, m’ont fait du bien.





Je me perds la fin de la journée dans les rues et les parcs de la ville. Petite pause à une terrasse consacrée à la lecture d’un journal acheté dans un de ces petits kiosques qui parsèment la ville. Un article sur Massoud qui oscille entre la célébration du héros qui a lutté pour l’indépendance de son peuple et des évocations conciliantes de l’offensive soviétique et des soldats kirghizes qui y ont été envoyés en nombre.

Question du jour : qu’y a-t-il de plus absurde : un défrisage à Paris ou une permanente à Bichkek ? Après avoir testé le coiffeur turc, ouzbek, thaï et français, je suis allé, ce dimanche, chez Alexei, un coiffeur que l’on m’avait conseillé (décidément, ce défrisage…). Le type est plutôt sympa. Un look de roady russe de Marylin Manson. 1m80. Filiforme. Des cheveux noirs bouclés. Petite appréhension quand même quand il m’annonce : « ne me dites rien, je sais ce qu’il vous faut ». Je m’attendais à ce qu’il mette la musique à fond et crache du feu. En fait, il s’est dit, plutôt un bon brushing. 2 heures à la regarder couper cheveu par cheveu et déverser près d’1 litre de laque kazakhe sur ma tronche. Le résultat n’est pas si surprenant finalement. Après le catogan, une sorte de casque inversé, genre Playmobil. Il me dit de revenir dans un mois ; que là, vraiment, il aura encore plus d’idées. Bien sûr, je lui donne ma parole de revenir ; je pouvais pas louper une occasion pareille, quand même.

2 Comments:

Anonymous michel said...

Une photo de ta nouvelle coupe de cheveux !! On veut une photo !
Bises.

m;

07 juillet, 2008 19:51  
Anonymous Anonyme said...

Aragon sur 'Djamilia' de Aïtmatov : "pour moi, c'est la plus belle histoire d'amour du monde."

Moi sur ta coupe de cheveux : "si tu avais le courage de nous la montrer, pour moi, ca serait la plus belle coupe de cheveux du monde. Ou pas."

Charles

07 juillet, 2008 23:18  

Enregistrer un commentaire

<< Home