11 juillet 2008

za zdorovie

Réveil assez matinal et ça deviendrait presque mécanique, direction les bureaux de la délégation. J’arrive assez tôt et avance un peu ma lecture d’un rapport assez précis mais super soporifique sur l’histoire du développement de secteur non-gouvernemental dans le pays. 10h30. Coup de téléphone. Proposition pour accompagner le chargé d’affaires et la political officier (je laisse en Anglais parce que quand même « officier politique », vraiment, ça ne veut rien dire) lors d’une visite d’une exploitation piscicole qui a bénéficié d’un financement Banque Mondiale et de l’aide d’un réseau d’accompagnement aux PME pour se développer. Exploitation piscicole, comme ça, ça en jette mais on pourrait très bien dire vieil étang bourré de carpes marrons. C’est moins joli, je vous l’accorde. 1/2h de route sur des pistes franchement chaotiques plus tard, on arrive à ladite exploitation où on bénéficie de près d’1 heure de commentaire sur l’élevage de poissons. En gros, rien de complètement dingue : c’est petit au début, ça mange des trucs dont j’ai pas compris le nom en russe et ça devient gros. Là, on vide l’étang et on ramasse les poissons. Basic mais efficace. Alors, là, tu te dis, bon, c’était vraiment passionnant. Si jamais j’avais un étang, je saurais maintenant moi-même comment diriger une exploitation aussi belle que celle de Toktokmumu (authentique). Seulement voilà, j’ai pas franchement d’étang et au bout d’une heure, j’ai un peu l’impression d’avoir fait le tour.

Au moment où tu te demandes si à midi, tu vas plutôt opter pour le resto ouighour ou ukrainien (au fond de toi, tu sais que tu vas retourner à l’italien, de toutes façons), le déjeuner est annoncé et disposé sur une très jolie table abritée du soleil par quelques mûriers (pour les mûriers, en fait, j’en sais rien, mais je ne peux m’empêcher de rajouter un peu d’exotisme à tout cela). Une demi-carpe, un demi-mouton, un sac de riz et un tiers de bouteille de vodka plus tard, tu ressembles de plus en plus à ton hôte qui a décidément une tête de nombril.
Ca veut rien dire, une tête de nombril, pourtant, sur le coup, c’est ce que je me suis dit et le plov aidant, ça m’a intérieurement bien fait marré. Là tu te dis que c’est bon, t’es rôti pour la journée, qu’on va enfin pouvoir y aller ; surtout que tu partages la voiture du chargé d’affaires pour le chemin du retour et qu’il va falloir trouver d’autres formulations anglaises que « Is there any… ? » pour le faire parler sans trop s’investir dans la discussion. Au moment, où je me dis tout cela, on annonce le moment des échanges de cadeaux (?!). Là où l’on nage en plein délire : de part et d’autre, échange de vieilleries et de trucs dont même son garage ne veut plus. Anna hérite d’une cuillère en bois fabriquée par des enfants, le chargé d’affaires, d’un tapis chopé à 10 som dans un bazar de Bichkek, sa femme d’un foulard marron à pleurer. Et moi, d’un porte-bonheur qui me donne la chair de poule : un gland, surmonté d’un marron et d’une griffe d’oiseau verni. Effectivement, je comprends que le mauvais œil ait les chocottes en voyant cela. Qui ne les auraient pas ?

Je sais ce que vous vous dites. C’est quand même super gentil et hospitalier. Le déjeuner, oui oui, bien sûr, je dis pas. C’est d’ailleurs là un des trucs qui me font adorer cette région. Mais les cadeaux, non, c’était pas désintéressé et gentil. Pas purement gratuit. Mais ça, apparemment personne ne voulait le voir. Quand on offre un tapis et que juste après on demande si son projet pourrait bénéficier d’un financement européen. Si le micro-crédit à l’image de cette pêcherie n’est quand même pas super. On sait très bien ce qu’on fait. Je me sentais personnellement un peu mal à l’aise. Evidemment, la procédure de sélection des projets est transparente et impartiale. Bien sûr. N’empêche que le paysan de la campagne de Och, qui ne parle pas anglais, n’a pas d’email pour inviter des donateurs, ni de voiture pour les guider à travers les chemins de campagne. Lui, il est plutôt plus mal barré.

Je finis comme je peux la journée en pensant à tout ça, en ne sachant pas trop si j’extrapole et j’exagère ou pas. Et puis dès la porte de l’appart franchie, migraine d’enfer puis mal de gorge bien soutenu. Ce virus qui a déjà frappé la moitié de la délégation n’allait donc pas m’épargner. La nuit fut pour le moins compliquée. Je décide de ne pas aller bosser ; au début, un peu hésitant puis le message d’Anna m’indiquant qu’elle aussi, elle est clouée au lit, me convainc pour de bon.
Les stagiaires aussi ont droit aux congés maladie?

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

T'as retrouvé LE resto italien de Bishkek ???

18 juillet, 2008 14:31  
Blogger sitordj said...

Un peu oui! Adriatico meme qu il s appelle

21 juillet, 2008 14:09  

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