Bichkek (et puis quoi encore?)
Bon, cette fois, je m’y mets.
Michel me demandait de conclure sur ma petite escapade birmane. Je reprends ici le clavier pour un nouveau séjour kirghize.
**Petit récapitulatif**
Arrivée mercredi matin à Tachkent. Dès la sortie de l’avion, fumée des cigarettes des douaniers, quelques familles qui, dans un couloir mal éclairé semblaient attendre on ne sait quoi et qui se sont vues réprimandées par un douanier : « on ne peut pas s’asseoir ici. Allez en face ». 3 mètres séparaient le banc sur lequel ils étaient assis de celui indiqué par les autorités. Je retrouvais là l’absurdité de la police ouzbèke. J’ai pas pu m’empêcher de rigoler. A croire que ça m’avait manqué.
Donc, Dmitry m’attend à l’aéroport. Je le retrouve avec sa barbe et sa Lada vert pomme qui a décidément pris un coup de vieux. 7 heures du matin. Température extérieure 30 degrés. A croire que ça m’avait manqué. On traverse la ville par ces rues incroyablement larges et désertes. Les quelques Lada et voitures sorties du consortium UzDaewoo de la vallée de Ferghana parviennent malgré l’espace à frôler l’accident à chaque carrefour. Stop au bazar. Quelques achats pour les deux jours qui viennent : pommes, pastèque et abricots. Le bazar est incroyablement calme. Les stands assez peu nombreux et les prix quasiment au niveau européen. Ceci explique sans doute cela. Dmitry me dépose dans son studio où j’habiterai les deux prochains jours. Au mur, des affiches du festival de musique contemporaine qu’il a organisé pendant dix ans avant de se faire lâcher par ses soutiens étrangers et les institutions culturelles locales. Des partitions griffonnées s’amoncellent sur un piano droit de l’époque soviétique. Dans la bibliothèque, tous les classiques de la littérature russe. J’y retrouve aussi cette mode des tapis suspendus au mur (mais pourquoi donc suspendre ces trucs quand il fait maintenant 40 degrés !!?). Je dors une heure ou deux avant de retrouver Sasha en début d’après midi pour discuter d’un bouquin que l’on dirige sur le théâtre en Asie Centrale. Suis pas mal bluffé par la précision et la pertinence de chacune de ses remarques. On finit le rendez-vous vers 18h ; je suis plutôt confiant sur la tournure que prend le truc. Confiant même si un peu étourdi par le boulot qu’il va falloir abattre d’ici le rendu du manuscrit prévu pour décembre. Soirée avec Sasha et Dmitry dans un resto russe près de chez Dmitry. Mayonnaise, poulet et salades. A croire que ça m’avait manqué.
Il est près de minuit. Je retrouve le tapis et le lino soviétique de l’appartement et m’effondre sur le lit. Une nuit à dormir comme une masse plus tard, je me réveille dans la chaleur ouzbèke et me dépêche de retrouver Sasha pour finaliser (?!) quelques points sur le bouquin. Il me donne rendez vous chez lui. Un appartement un peu en périphérie de la ville où un bordel insensé de bouquins et d’archives classées dans des pochettes aux couleurs déteintes ne laisse de place qu’à son lit et à une table de cuisine. Pour bosser, on opte pour la cuisine. Après s’être promis de se retrouver à Bishkek, nous nous séparons. Direction le centre de recherches français à Tachkent dont le directeur m’a bien aidé pour l’obtention de mon visa. Entretien plutôt sympathique. Echange de quelques contacts. La encore, promesse de se revoir à Tachkent ou Bishkek dans les prochaines semaines. Soirée à nouveau passée chez Dmitry. Pielmeni et salades. Défaite de la Russie contre l’Espagne. Dmitry s’endort déçu.
***Fin de l’escapade ouzbèke***
Tachkent-Bichkek, sur une carte c’est pas plus de 400km. Ou une heure de Tupolev 154. C est comme on veut. A l’arrivée, celle qui va s’avérer être ma maître de stage ou quelque chose comme ça m’attend. Une Finlandaise boulotte et survoltée avec un nom de personnage de livre de la jungle m’attend. Sympa au demeurant. Elle me parle direct de son chien et de ses chats. Elle prononce les –ch- en –tss- : ça finit par énerver un peu. Un match devient un matsss. Operation, operatssion.
RDV directement à la délégation de la Commission Européenne où elle veut me présenter au staff. Quelle bonne idée ! J’ai rien dormi, porte un Tshirt dégueu et pas rasé depuis 5 jours… Je fais forte impression… Colombe, une Française récemment arrivée me montre son appartement que je vais occuper pendant son absence. Appart incroyable avec une vue imprenable sur les montagnes. Après-midi à la délégation à moitié en train de dormir / moitié amusé par tous ces fonctionnaires européens affairés à remplir des documents mentionnant le fait qu’ils ont rempli des documents. Le soir, pot d’accueil/crémaillère de Colombe/départ d’une ancienne stagiaire. Bon vieil échange de platitudes intergalactiques avec le staff présent au complet. 21h. Ils partent enfin. Je m’achève avec une baltika 3 sur le balcon avec Colombe.
Samedi. Réveil 7h. Rendez-vous à la délégation pour un workshop sur la programmation de la coopération européenne 2009-2010 dans les montagnes. Arrivée à 3000m avec une vue imprenable et un estomac qui reproduit les mouvements du grand huit soviétique du parc central de Bichkek. Une journée de discussions à savoir si les projets prévus pour le Kirghizstan sont bien conformes aux attentes de Bruxelles ou si il faut plutôt organiser une mission d’expertise dans la région histoire d’être sûr de ce que l’on fait. Je rentre vanné à la maison où j’attends avec Colombe l’heure de son départ. Première nuit seul à Bishkek et un dimanche à bien glander jusqu’à l’invitation d’Olaf, un Allemand qui bosse à la délégation et qui va voir la finale de l’Euro. Je me retrouve à une table 100% allemande à secrètement soutenir les Espagnols. L’Espagne gagne. Les Allemands font la tronche. Il est 4h du mat’. La socialisation ne se fait pas sans coûts.
Lundi, mardi, mercredi. Petit à petit un début d’habitude à me rendre à la délégation. Me dire qu’il faudrait que je fasse réparer mes pompes et qu’il faudrait tester au plus vite ce resto Dungan en bas de l’appartement. Un lundi à pas mal lire sur le fonctionnement de la (bureaucratique) coopération européenne ; mardi, j’assiste à une séance de la cour constitutionnelle qui statue sur une nouvelle loi concernant la liberté de manifestation ; mercredi, je découvre Dolorès, magnifique machine à enregistrer électroniquement les courriers que tu envoies. Non, non, non pas que tu ne le fasses pas également par écrit mais bon, l’important, je crois, c’est que le boulot puisse se jauger à la hauteur de la pile de papier utilisé…
J’en suis perso à deux courriers et une note de 5 pages…
Peut mieux faire. Ca c’est sûr…
Michel me demandait de conclure sur ma petite escapade birmane. Je reprends ici le clavier pour un nouveau séjour kirghize.
**Petit récapitulatif**
Arrivée mercredi matin à Tachkent. Dès la sortie de l’avion, fumée des cigarettes des douaniers, quelques familles qui, dans un couloir mal éclairé semblaient attendre on ne sait quoi et qui se sont vues réprimandées par un douanier : « on ne peut pas s’asseoir ici. Allez en face ». 3 mètres séparaient le banc sur lequel ils étaient assis de celui indiqué par les autorités. Je retrouvais là l’absurdité de la police ouzbèke. J’ai pas pu m’empêcher de rigoler. A croire que ça m’avait manqué.
Donc, Dmitry m’attend à l’aéroport. Je le retrouve avec sa barbe et sa Lada vert pomme qui a décidément pris un coup de vieux. 7 heures du matin. Température extérieure 30 degrés. A croire que ça m’avait manqué. On traverse la ville par ces rues incroyablement larges et désertes. Les quelques Lada et voitures sorties du consortium UzDaewoo de la vallée de Ferghana parviennent malgré l’espace à frôler l’accident à chaque carrefour. Stop au bazar. Quelques achats pour les deux jours qui viennent : pommes, pastèque et abricots. Le bazar est incroyablement calme. Les stands assez peu nombreux et les prix quasiment au niveau européen. Ceci explique sans doute cela. Dmitry me dépose dans son studio où j’habiterai les deux prochains jours. Au mur, des affiches du festival de musique contemporaine qu’il a organisé pendant dix ans avant de se faire lâcher par ses soutiens étrangers et les institutions culturelles locales. Des partitions griffonnées s’amoncellent sur un piano droit de l’époque soviétique. Dans la bibliothèque, tous les classiques de la littérature russe. J’y retrouve aussi cette mode des tapis suspendus au mur (mais pourquoi donc suspendre ces trucs quand il fait maintenant 40 degrés !!?). Je dors une heure ou deux avant de retrouver Sasha en début d’après midi pour discuter d’un bouquin que l’on dirige sur le théâtre en Asie Centrale. Suis pas mal bluffé par la précision et la pertinence de chacune de ses remarques. On finit le rendez-vous vers 18h ; je suis plutôt confiant sur la tournure que prend le truc. Confiant même si un peu étourdi par le boulot qu’il va falloir abattre d’ici le rendu du manuscrit prévu pour décembre. Soirée avec Sasha et Dmitry dans un resto russe près de chez Dmitry. Mayonnaise, poulet et salades. A croire que ça m’avait manqué.
Il est près de minuit. Je retrouve le tapis et le lino soviétique de l’appartement et m’effondre sur le lit. Une nuit à dormir comme une masse plus tard, je me réveille dans la chaleur ouzbèke et me dépêche de retrouver Sasha pour finaliser (?!) quelques points sur le bouquin. Il me donne rendez vous chez lui. Un appartement un peu en périphérie de la ville où un bordel insensé de bouquins et d’archives classées dans des pochettes aux couleurs déteintes ne laisse de place qu’à son lit et à une table de cuisine. Pour bosser, on opte pour la cuisine. Après s’être promis de se retrouver à Bishkek, nous nous séparons. Direction le centre de recherches français à Tachkent dont le directeur m’a bien aidé pour l’obtention de mon visa. Entretien plutôt sympathique. Echange de quelques contacts. La encore, promesse de se revoir à Tachkent ou Bishkek dans les prochaines semaines. Soirée à nouveau passée chez Dmitry. Pielmeni et salades. Défaite de la Russie contre l’Espagne. Dmitry s’endort déçu.
***Fin de l’escapade ouzbèke***
Tachkent-Bichkek, sur une carte c’est pas plus de 400km. Ou une heure de Tupolev 154. C est comme on veut. A l’arrivée, celle qui va s’avérer être ma maître de stage ou quelque chose comme ça m’attend. Une Finlandaise boulotte et survoltée avec un nom de personnage de livre de la jungle m’attend. Sympa au demeurant. Elle me parle direct de son chien et de ses chats. Elle prononce les –ch- en –tss- : ça finit par énerver un peu. Un match devient un matsss. Operation, operatssion.
RDV directement à la délégation de la Commission Européenne où elle veut me présenter au staff. Quelle bonne idée ! J’ai rien dormi, porte un Tshirt dégueu et pas rasé depuis 5 jours… Je fais forte impression… Colombe, une Française récemment arrivée me montre son appartement que je vais occuper pendant son absence. Appart incroyable avec une vue imprenable sur les montagnes. Après-midi à la délégation à moitié en train de dormir / moitié amusé par tous ces fonctionnaires européens affairés à remplir des documents mentionnant le fait qu’ils ont rempli des documents. Le soir, pot d’accueil/crémaillère de Colombe/départ d’une ancienne stagiaire. Bon vieil échange de platitudes intergalactiques avec le staff présent au complet. 21h. Ils partent enfin. Je m’achève avec une baltika 3 sur le balcon avec Colombe.
Samedi. Réveil 7h. Rendez-vous à la délégation pour un workshop sur la programmation de la coopération européenne 2009-2010 dans les montagnes. Arrivée à 3000m avec une vue imprenable et un estomac qui reproduit les mouvements du grand huit soviétique du parc central de Bichkek. Une journée de discussions à savoir si les projets prévus pour le Kirghizstan sont bien conformes aux attentes de Bruxelles ou si il faut plutôt organiser une mission d’expertise dans la région histoire d’être sûr de ce que l’on fait. Je rentre vanné à la maison où j’attends avec Colombe l’heure de son départ. Première nuit seul à Bishkek et un dimanche à bien glander jusqu’à l’invitation d’Olaf, un Allemand qui bosse à la délégation et qui va voir la finale de l’Euro. Je me retrouve à une table 100% allemande à secrètement soutenir les Espagnols. L’Espagne gagne. Les Allemands font la tronche. Il est 4h du mat’. La socialisation ne se fait pas sans coûts.
Lundi, mardi, mercredi. Petit à petit un début d’habitude à me rendre à la délégation. Me dire qu’il faudrait que je fasse réparer mes pompes et qu’il faudrait tester au plus vite ce resto Dungan en bas de l’appartement. Un lundi à pas mal lire sur le fonctionnement de la (bureaucratique) coopération européenne ; mardi, j’assiste à une séance de la cour constitutionnelle qui statue sur une nouvelle loi concernant la liberté de manifestation ; mercredi, je découvre Dolorès, magnifique machine à enregistrer électroniquement les courriers que tu envoies. Non, non, non pas que tu ne le fasses pas également par écrit mais bon, l’important, je crois, c’est que le boulot puisse se jauger à la hauteur de la pile de papier utilisé…
J’en suis perso à deux courriers et une note de 5 pages…
Peut mieux faire. Ca c’est sûr…

1 Comments:
Yeah tu y es à nouveau ! Je commence la lecture, qui sera maintenant quotidienne. Ne pers pas le rythme.
A presto.
Michel
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