10 novembre 2007

Visa run


Aujourd'hui, j'ai fait du minibus.

Dit comme ça, c'est un peu abrupt. Il faut un peu expliquer.

Le système de visa de la Thaïlande est un peu particulier. En tant que Français, on peut rentrer dans le pays, sans aucun problème et sans visa pour une durée de 30 jours. Durée que l'on peut prolonger une seule fois pour 7 jours. Pourquoi 7 jours alors que jusqu'il y a peu, c'était 15? Une gentille fonctionnaire du bureau de l'immigration a eu le mérite de m'expliquer tout cela d'une manière à la fois précise et concise: "Cannot", qu'elle a dit. Bon. Dans ce cas.

Comment peut-on alors rester plus longtemps en Thaïlande? Ben, il suffit de sortir du pays. Puis d'y rentrer à nouveau. C'est ce qu'ele m'a dit et c'est donc ce que j'ai fait aujourd'hui. Chiang Mai a en effet l'avantage d'être proche de la frontière birmane. Donc, ce matin, entortillé dans mon minibus, j'ai fait la route jusqu'à Mae Sai, 3-4 heures plus au Nord. Une fois arrivé au poste frontière, on fait tout comme il faut: on sort du pays -au revoir Thaïlande-, on franchit un pont et 50 mètres plus loin on est en Birmanie. On entre donc dans le poste frontière birman et moyennant 10 dollars, on a droit à un tampon birman sur notre passeport, nous garantissant un retour paisible et 30 jours supplémentaires en Thaïlande.

Dans ce poste frontière birman, un portrait de Than Shwe était accroché au mur. Ses médailles monopolisaient les 2/3 de l'espace. Je dois avouer que ça m'a fait bizarre. Je me suis imaginé un instant à la place de ce douanier, à travailler sous le regard du généralissime. Puis, je me suis repris. J'ai réalisé que c'était en réalité tout un pays qui vivait sous ce regard et qui cherchait depuis maintenant plusieurs semaines à le déjouer.

10 minutes plus tard, je reprenais place dans le minibus.
Près de 10h de minibus pour un coup de tampon qui ne sert qu'à avoir le droit de revenir là d'où l'on était parti: une journée un peu déconcertante. Dans le jargon de ceux qui étaient avec moi dans le bus et qui connaissaient par coeur le circuit, cela s'appelle un "visa run".

J'ai pris quelques photos de cette frontière, qui ressemble à tant de frontières: des marchands qui vendent plein d'objets manufacturés à des prix apparemment imbattables (faut dire, je connais pas le cours de la fontaine d'intérieur en plastique qui fait circuler de l'eau à travers des boules qui tournent sur elles-mêmes), des voitures qui klaxonnent et des flics débordés.

1 Comments:

Anonymous Charmaine said...

Good for people to know.

12 novembre, 2008 08:49  

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