un an jour pour jour ou presque
Un an jour pour jour ou presque, je me décide à continuer cette histoire de Hongrois, de requins en hologramme et de glyx empaqueté.
Cette année, ni Hongroiseries, ni rien. Plutôt un mémoire sur l' (échec) des programmes de démocratisation en Ouzbékistan. Voilà en dessous, un aperçu de mon quotidien (chaud et parisien):
Tous commentaires, désirs de contribution sont respectueusement acceptés.
"Comme Rome après la destruction de Carthage, les démocraties occidentales auraient perdu leur dernier adversaire avec l'effondrement du monde soviétique. A l’instar de Francis Fukuyama qui, au cours d’une conférence, assimilait la démocratie à la fin de l’histoire , nombre de penseurs se sont en effet empressés de conclure, dès la chute du mur de Berlin, en la victoire de la démocratie libérale sur l’Etat socialiste et sur toutes formes de « sociétés fermées ». Cette victoire constituerait alors un triomphe par défaut de la démocratie, par épuisement des modèles alternatifs. Modèle démocratique qui, d’une part, renverrait à une forme de gouvernement, à un système d’organisation étatique où le pouvoir n’est pas concentré dans les mains d’un seul ou d’une minorité mais appartient à tous, ou tout du moins à la majorité du corps citoyen. Et d’autre part, démocratie « fonctionnelle » qui s’assimilerait à une sorte d’idéal, d’horizon téléologique, celui de l’égalité entre tous les citoyens.
L’ouverture des régimes de l’ancienne Union Soviétique pourrait alors se penser selon autant de vagues successives de démocratisation, partant de 1989 en Europe de l’Est pour aujourd’hui, via les « révolutions multicolores », atteindre les régions du Caucase et de l’Eurasie . Penser la démocratisation à l’Est, pour l’immense majorité des auteurs, ne se fait d’ailleurs pas sans une forte dimension normative et prospective. Les dynamiques sociales, locales comme internationales, sont ainsi souvent étudiées sous l’angle d’une ouverture à venir. Comme si le changement ne pouvait (et ne devait) s’effectuer que vers cette direction prédéterminée. Certes, la prise en compte croissante de la path dependency a pu considérablement renouveler la littérature de la « transitologie » . Néanmoins, le « chemin » dont il est question semble toujours viser son achèvement dans la réalisation d’une démocratie de type occidental, l’absence de transition apparaissant comme une exception qui ne saurait être que temporaire. La fermeture d’un Etat ou d’une société ne se définirait ici que par la négative, par l’absence momentanée de transition effective.
A l'inverse, l’absence de transition démocratique en Ouzbékistan (voire le renforcement de sa fermeture) peut être liée au manque de coordination des acteurs internationaux, pourtant promoteurs de l’ouverture et de l’affirmation de la « société civile ». Cette réflexion invite à envisager à la fois les modalités du changement (i.e. les moyens de la démocratisation) et les raisons du statu quo;cela afin de se détacher de toute perspective normative par le questionnement des stratégies et discours de ces « acteurs externes de démocratisation ».
Et pour cause, à l’instar de l’Ouzbékistan, l’espace post-soviétique fait face à de nouvelles influences incarnées par une déferlante d’organisations internationales, de fondations et d’ONG qui jouent un rôle déterminant dans la mise en place des acteurs sociaux. La circulation d’hommes et de ressources matérielles ou idéelles y ont favorisé l’émergence de nouveaux acteurs et de « répertoires d’action ».
Notre étude se proposera d’étudier précisément les relations entretenues entre les acteurs de mobilisation transnationale et les activistes locaux. Plutôt que de parler d’une relation mobilisants-mobilisés, nous nous attacherons à montrer comment les différents types d’acteurs (internationaux, étatiques, institutionnels, locaux, transnationaux) entretiennent des relations qui produisent in fine des résultats non prévus ex ante.
Plutôt que de penser les modalités d’un « bon » changement, nous tenterons de voir comment la compréhension de leur « rôle » par les acteurs en place en Ouzbékistan produit des effets indésirables et donc comment les appréhensions de soi-même, de son interlocuteur et des modes d’action de chacun détermine, par leur confrontation, une situation finale, qui s’écarte des buts initialement recherchés. À cet effet, une sociologie des différents acteurs (Diplomaties étatiques, Institutions internationales, OINGs, GONGOs, Fondations « indépendantes » américaines, scandinaves et allemandes) nous permettra de mieux saisir la réalité de leurs interrelations, trop souvent dissimulée sous la notion vague de « réseaux transnationaux ». "
Et toc.
Cette année, ni Hongroiseries, ni rien. Plutôt un mémoire sur l' (échec) des programmes de démocratisation en Ouzbékistan. Voilà en dessous, un aperçu de mon quotidien (chaud et parisien):
Tous commentaires, désirs de contribution sont respectueusement acceptés.
"Comme Rome après la destruction de Carthage, les démocraties occidentales auraient perdu leur dernier adversaire avec l'effondrement du monde soviétique. A l’instar de Francis Fukuyama qui, au cours d’une conférence, assimilait la démocratie à la fin de l’histoire , nombre de penseurs se sont en effet empressés de conclure, dès la chute du mur de Berlin, en la victoire de la démocratie libérale sur l’Etat socialiste et sur toutes formes de « sociétés fermées ». Cette victoire constituerait alors un triomphe par défaut de la démocratie, par épuisement des modèles alternatifs. Modèle démocratique qui, d’une part, renverrait à une forme de gouvernement, à un système d’organisation étatique où le pouvoir n’est pas concentré dans les mains d’un seul ou d’une minorité mais appartient à tous, ou tout du moins à la majorité du corps citoyen. Et d’autre part, démocratie « fonctionnelle » qui s’assimilerait à une sorte d’idéal, d’horizon téléologique, celui de l’égalité entre tous les citoyens.
L’ouverture des régimes de l’ancienne Union Soviétique pourrait alors se penser selon autant de vagues successives de démocratisation, partant de 1989 en Europe de l’Est pour aujourd’hui, via les « révolutions multicolores », atteindre les régions du Caucase et de l’Eurasie . Penser la démocratisation à l’Est, pour l’immense majorité des auteurs, ne se fait d’ailleurs pas sans une forte dimension normative et prospective. Les dynamiques sociales, locales comme internationales, sont ainsi souvent étudiées sous l’angle d’une ouverture à venir. Comme si le changement ne pouvait (et ne devait) s’effectuer que vers cette direction prédéterminée. Certes, la prise en compte croissante de la path dependency a pu considérablement renouveler la littérature de la « transitologie » . Néanmoins, le « chemin » dont il est question semble toujours viser son achèvement dans la réalisation d’une démocratie de type occidental, l’absence de transition apparaissant comme une exception qui ne saurait être que temporaire. La fermeture d’un Etat ou d’une société ne se définirait ici que par la négative, par l’absence momentanée de transition effective.
A l'inverse, l’absence de transition démocratique en Ouzbékistan (voire le renforcement de sa fermeture) peut être liée au manque de coordination des acteurs internationaux, pourtant promoteurs de l’ouverture et de l’affirmation de la « société civile ». Cette réflexion invite à envisager à la fois les modalités du changement (i.e. les moyens de la démocratisation) et les raisons du statu quo;cela afin de se détacher de toute perspective normative par le questionnement des stratégies et discours de ces « acteurs externes de démocratisation ».
Et pour cause, à l’instar de l’Ouzbékistan, l’espace post-soviétique fait face à de nouvelles influences incarnées par une déferlante d’organisations internationales, de fondations et d’ONG qui jouent un rôle déterminant dans la mise en place des acteurs sociaux. La circulation d’hommes et de ressources matérielles ou idéelles y ont favorisé l’émergence de nouveaux acteurs et de « répertoires d’action ».
Notre étude se proposera d’étudier précisément les relations entretenues entre les acteurs de mobilisation transnationale et les activistes locaux. Plutôt que de parler d’une relation mobilisants-mobilisés, nous nous attacherons à montrer comment les différents types d’acteurs (internationaux, étatiques, institutionnels, locaux, transnationaux) entretiennent des relations qui produisent in fine des résultats non prévus ex ante.
Plutôt que de penser les modalités d’un « bon » changement, nous tenterons de voir comment la compréhension de leur « rôle » par les acteurs en place en Ouzbékistan produit des effets indésirables et donc comment les appréhensions de soi-même, de son interlocuteur et des modes d’action de chacun détermine, par leur confrontation, une situation finale, qui s’écarte des buts initialement recherchés. À cet effet, une sociologie des différents acteurs (Diplomaties étatiques, Institutions internationales, OINGs, GONGOs, Fondations « indépendantes » américaines, scandinaves et allemandes) nous permettra de mieux saisir la réalité de leurs interrelations, trop souvent dissimulée sous la notion vague de « réseaux transnationaux ». "
Et toc.

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